Samedi 1 juillet 2006
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Reims, Le 26 janvier 2004
Monseigneur
Permettez-nous tout d’abord de vous remercier de l’honneur que vous nous avez fait en acceptant notre invitation du 23 janvier. Notre rencontre avait pour objectif de discuter ensemble de l’application éventuelle du Motu Proprio « Ecclesia Dei Adflicta » à Reims.
Suite à cet entretien, comme vous avez pu le constater, nous sommes profondément déçus. C’est pourquoi, nous croyons nécessaire de vous faire part de quelques éléments:
1. Lors de l’entretien du mois d’octobre, vous nous avez opposé le peu de demandes de Messe selon le rituel de 1962 reçues par vous. Nous avons donc fait envoyer des courriers individuels, vous nous reprochez aujourd’hui une « pétition ».
En ce qui concerne le chiffrage, nous vous avouons notre incompréhension après avoir refait le point sur les éléments que nous possédons. Vous nous aviez, en effet, affirmé que sur les 58 courriers reçus, seuls 3 trouvaient grâce à vos yeux car c’étaient les seuls à être motivés. Nous vous joignons le tableau récapitulatif. Vous pourrez constater par vous même que le résultat n’est pas du tout le même. D’autre part, nous ne comprenons pas l’exclusion des autres courriers.
Ce nombre de personnes vous ayant écrit en à peine deux mois, grâce à une simple circulaire est à notre avis vraiment important. Vous connaissez très certainement l’enquête IPSOS d’avril 2001 concluant que 42.4% des catholiques sont favorables à l’autorisation du rite de 1962 et 60.9% y assisteraient volontiers.
En outre, nous connaissons directement une vingtaine de familles intéressées mais qui n’ont pas osé vous écrire.
Enfin, vous nous avez dit que « ceux des Ardennes» , pourtant membres à part entière du diocèse, « ne comptaient pas « . Ils sont pourtant prêts à se déplacer.
2. Quand nous vous avons fait part de notre souffrance, vous l’avez déclarée « impossible« . Vous nous avez dit que nous n’étions pas des martyrs. Nous le reconnaissons bien volontiers, mais nous pensions cependant pouvoir attendre de la part de notre pasteur un peu plus de compassion!
En effet, vous pensez qu’il n’y a pas de problème à Reims parce que « certaines parties de la Messe de 9 heures 30 à la cathédrale sont chantées en grégorien, ce qui a permis d’aplanir les tensions et de sauvegarder un patrimoine« . Mais vous refusez de considérer que nous sommes attachés à un rite et non à une manière de chanter. Nous nous en réjouissons, mais là n’est pas l’objet du Motu Proprio qui requiert des évêques et de tous ceux qui ont un ministère pastoral dans l’Eglise « une application large et généreuse des directives données en leur temps par le siège apostolique pour l’usage du Missel romain selon l’édition typique de 1962 ».
De plus, chaque année, le nombre des personnes assistant à la Messe de la Fraternité Saint Pie X à Reims augmente sensiblement, une centaine il y a 5 ans, 250 aujourd‘hui. A ce sujet, quand certains d’entre nous, à bout de leur résistance, se disent prêts à aller malgré eux à la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, vous leur répondez: « si vous voulez, vous pouvez claquer la porte », alors que juste avant, vous nous demandez de les ramener en disant qu’ils se sont égarés.
Par ailleurs, vous refusez de nous accorder la Messe selon le rite de 1962 parce que vous ne voulez pas que les paroisses se vident. Ce qui n’est le cas dans aucun des diocèses dans lesquels ce rite est autorisé.
Enfin, vous nous avez dit que vous ne vouliez pas que des fidèles de la Fraternité saint Pie X puissent assister à une Messe autorisée sans avoir au préalable signé votre profession de Foi. Et vous nous demandez à nous de ramener ces personnes, sans pouvoir d’aucune manière les assurer qu’elles bénéficieraient de l’application du Motu Proprio « Ecclesia Dei Adflicta » selon les vœux du Pape Jean-Paul II. Cela rend à la fois onéreuse leur démarche de réintégration dans l’Eglise - alors que le Motu Proprio demande de leur »faciliter la communion ecclésiale »- et ne garantit pas « le respect de leurs aspirations »
3. Vous avez voulu nous convaincre que ce Motu Proprio était une permission temporaire pour amener les fidèles ayant des difficultés à passer de l’ancien rite au nouveau. Nous ne spéculons pas, quant à nous, sur cette interprétation du Motu Proprio, qui n’est certes pas obvie et semble en contradiction avec le fait que des prêtres et même un évêque sont ordonnés pour ce rite. De plus, l’acceptation définitive des statuts de la Fraternité Sacerdotale Saint Pierre en 2002 montre au contraire le caractère durable des dispositions prises par le Saint Père.
D’autre part, vous en avez d’ailleurs été surpris, mais aucun de nous n’avait reçu une éducation dans ce qu’il est convenu d’appeler le « milieu traditionnel ». Au contraire, c’est la liturgie selon les normes en vigueur avant le Concile Vatican II qui nous a permis de découvrir mieux et d’aimer l’Eglise.
A l’issue de ce courrier, nous ne pouvons que vous rappeler notre immense peine devant votre refus de prendre en considération notre vraie fidélité à l’Eglise, à son Chef et à son enseignement depuis 1988 pour étudier la question de l’application du Motu Proprio « Ecclesia Dei Adflicta » à Reims. Cependant, nous voulons rester convaincus que votre souci de pasteur ne restera pas insensible à notre démarche.
C’est avec une grande confiance en Notre Seigneur et en sa Sainte Mère, que nous avons l’honneur de vous présenter, Monseigneur, l’assurance de notre haute considération.
VOS AVIS!