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Vendredi 30 juin 2006
Nous commençons aujourd'hui le compte rendu de nos rencontres de cette année avec les paroissiens de Reims. Régulièrement, nous avons distribué notre "Lettre ouverte aux fidéles du diocèse de Reims" à la sortie des Messes dominicales.

► Cathédrale de Reims : paroisse Notre Dame - saint Jacques
(dernier dimanche de janvier 2006)

Discussion avec le prêtre qui célèbre la messe de 9 h 30 :

Nous : « Bonjour, nous sommes des jeunes ménages de Reims qui avons repris une demande faite à l’évêque depuis dix-sept ans pour que la messe traditionnelle dite de saint Pie V puisse être célébrée dans le diocèse en accord avec notre évêque. »

Le prêtre : « Vous parlez latin couramment ? Non ! Moi, oui ! »

Nous : « Félicitations, mon Père, mais là n’est pas la question. Nous ne nous battons pas pour le latin mais pour la liturgie traditionnelle ! »

Le prêtre : « Si vous voulez du latin, vous n’avez qu’à venir à la messe de 9 h 30 à la cathédrale. »

Nous : « Mon Père, la messe de 9 h 30 est célébrée selon le nouveau missel avec quelques pièces de l’ordinaire chantées en latin. Les enfants de choeur qui distribuent la communion sont très dévoués mais il ne s’agit pas là de la messe de 1962 telle qu’elle est autorisée par l’Eglise. »

Le prêtre : « Non, cette messe n’est pas autorisée, elle est simplement tolérée, ça n’a rien à voir ! De toute façon les gens ne comprennent pas le latin, c’est idiot de vouloir cela. »

Nous : « D’abord nous ne sommes pas attachés à la liturgie traditionnelle “parce qu’elle est en latin” mais parce qu’elle nous apporte une grande richesse spirituelle. Mais pourquoi prendre les fidèles pour des imbéciles qui ne comprennent rien à rien ? Pensez-vous que les fidèles qui assistent à votre messe où un petit peu de latin est chanté ne comprennent pas ce qui se dit ? »

Le prêtre : « Bien sûr qu’ils ne comprennent rien ! Ecoutez, ça suffit, j’ai suffisamment souffert du latin dans ma vie de prêtre pour ne pas accepter votre demande. La prière doit être célébrée en français, un point c’est tout ! »

Nous : « Mais, mon Père, c’est votre point de vue, ce n’est pas celui de nombreux fidèles souvent très jeunes, vous ne pouvez pas imposer vos idées à tout le monde ! »

Le prêtre : « Bien sûr que si, je peux les imposer ! »

Nous : « Mais mon Père c’est du fascisme ! »

Le prêtre : « Oui, je suis un peu fasciste sur les bords. »

Puis le prêtre s’en va sans vouloir continuer la discussion. Nous sommes glacés non seulement par le froid qu’il fait mais aussi par les propos de cet ecclésiastique qui nous rappellent les heures les plus sombres de notre histoire…

Une jeune étudiant d’Angers de passage à Reims à l’occasion de la Rencontre Nationale de Chrétiens en Grande Ecole : « Chez nous, l’évêque Mgr Bruguès est hyper ouvert ! Il a accueilli les tradis dans une très belle et grande église juste à côté de la cathédrale et souhaite que ces chrétiens vivent leur foi comme les autres au milieu du diocèse. Ça se passe hyper bien. Je ne comprends pas pourquoi dans d’autres endroits, les choses coincent encore, il faut vivre avec son temps ! »

Un autre étudiant de Bretagne présent à Reims pour les mêmes raisons : « Je n’en reviens pas que l’évêque refuse d’accorder la messe traditionnelle ici car chez nous, à Vannes, c’est notre évêque lui-même qui est venu célébrer la messe tridentine il y a quelques semaines. On est vachement bien, nous, les Bretons ! »

Une dame : « C’est bien, continuez ce que vous faites ! Vous savez, il n’y a pas que vous qui souffrez. Ici, il n’y a pas de place pour les tradis mais pas non plus pour les autres communautés nouvelles. Nous allons aux sessions de Paray-le-Monial de la communauté de l’Emmanuel depuis vingt ans et jamais nous n’avons réussi à dynamiser notre paroisse en ce sens. Reims est un vieux diocèse d’action catholique, c’est terrible ici. »

Un monsieur très agacé par notre banderole Oui à la paix liturgique, non à l’exclusion : « J’espère que Mgr Jordan campera sur ses positions, car les gens comme vous n’ont pas leur place dans l’Eglise d’aujourd’hui. Il ne faut pas vous croire tout permis sous prétexte que Benoît XVI est favorable à vos idées extrémistes. Méfiez-vous, parce que le Pape, il n’est pas éternel ! Après Benoît XVI, vos histoires de latin ce sera terminé ! »

Un jeune homme : « La messe en latin ce n’est pas mon truc mais je trouve que vous avez raison de demander ce que vous voulez car vous faites autant partie de l’Eglise que l’évêque et les prêtres. Et puis ce sont toujours les laïcs qui ont fait avancer les choses dans l’Eglise ! »


► Eglise Saint-Remi : paroisse saint Maurice - saint Remi 
(dernier dimanche de janvier 2006)

Un jeune garçon : « Ne savez-vous pas que le concile a interdit la messe en latin et que ceux qui y assistent ne sont plus catholiques ! »

Nous : « De quel concile parlez-vous car nous n’avons jamais entendu dire de telles choses ? »

Le jeune garçon : « Mais de Vatican II bien sûr ! »

 Nous : « Vous vous méprenez gravement et n’avez certainement pas lu ce concile pour en parler si mal. Savez-vous que c’est la messe de saint Pie V qui était célébrée pendant tout le concile et que la messe réformée n’est entrée en vigueur que quatre ans après la clôture du concile ? Je vous conseille de lire Vatican II, vous y apprendrez notamment que le chant grégorien est le chant propre de l’Eglise, que les rites sont égaux en dignité, que le latin est la langue de l’Eglise. Bref, vous comprendrez qu’en demandant l’application du motu proprio Ecclesia Dei de Jean Paul II, nous nous situons en pleine communion avec Vatican II et tous les autres conciles de l’Eglise. »

Un prêtre prend notre tract et le déchire, fou de rage, avant de le jeter sur la voie publique : « Voilà ce que je fais de votre propagande », « Ne le prenez pas ! dit-il à une paroissienne, ce sont des intégristes ! »

La dame malgré cela prend notre tract et semble surprise par la réaction du prêtre.
Nous nous souvenons qu’il y a quelques mois c’est le même prêtre qui, revêtu des ornements sacerdotaux à la sortie de la messe, avait répondu à un jeune couple qui lui demandait s’il serait possible qu’un prêtre distribue la communion (et pas seulement des laïcs) : « Vous me faites ch… ! » Bel exemple de charité à méditer après la semaine d’unité entre les chrétiens…

Deux dames discutent avec nous : « Ce serait magnifique d’avoir la messe ancienne ici. Je ne me suis jamais trop fait à tout ça. Mon petit-fils qui habite à Versailles a beaucoup de chance car il va dans une paroisse où la messe en latin est célébrée tous les dimanches et même plusieurs fois par dimanche ! Bon courage les jeunes ! »


par Le collectif publié dans : Pour la paix liturgique à Reims
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Mercredi 28 juin 2006
Entretien avec le cardinal CASTRILLON HOYOS
Préfet de la Congrégation pour le clergé…
 

On sait que la Fraternité Saint Pie X demande au Saint Siège une libéralisation de la Messe tridentine et une déclaration attestant que cette liturgie n’a jamais été abolie.

 

La Messe de saint Pie V n’a jamais été abolie. En ce qui concerne la libéralisation, je vous rappelle que s’est tenue, sous le Pontificat de Jean-Paul II, une réunion de tous les chefs de Dicastères de la Curie et que très rares étaient ceux qui étaient hostiles à cette requête. Il serait dangereux de créer une opposition entre l’ancien rite et le nouveau. La liturgie ne peut être un champ de bataille. Comme prêtre, comme cardinal et comme Préfet de la Congrégation pour le clergé, j’éprouve une très grande douleur lorsque je vois le langage inacceptable avec lequel est traitée la volonté de Jésus de donner son corps et son sang et de la confier à l’Eglise. Et ceci ne vaut pas seulement pour certains représentants de la Fraternité Saint Pie X.

 

Y a-t’il de nombreux évêques qui résistent à la libéralisation ?

 

Il arrive que dans le souci pastoral d’un évêque l’amène à penser qu’en accordant la permission de célébrer la Messe tridentine dans son propre diocèse, il pourrait faire naitre la confusion dans le peuple de Dieu. Et lorsque les fidèles qui demandent ce type de célébration sont en très petit nombre, on peut comprendre cette perplexité. En revanche, quand ceux qui demandent cette Messe sont plus nombreux, il revient à la commission « Ecclesia Dei » de rappeler à l’évêque, honnêtement et cordialement, que la volonté  du successeur de Pierre est d’accorder généreusement la permission demandée par ces fidèles. Et je vois avec joie que, jour après jour, ceux qui l’accordent sont de plus en plus nombreux.

 

Vous connaissez bien le monde traditionaliste. Comment jugez-vous la piété personnelle des prêtres qui en font partie ?

 

Un grand nombre de prêtres traditionalistes que j’ai connus m’ont fait une excellente impression : ils ont un amour sincère de mystère. Malheureusement, il peut aussi y avoir quelques fanatiques qui sont liés à l’ancienne liturgie comme on peut être lié à une formule mathématique dont on ne comprend pas complètement la valeur.

 

Pensez-vous qu’ils représentent un héritage du passé qui serait de toute façon en voie de disparition ?

 

Il y avait aux JMJ de Cologne, un groupe important de jeunes liés à la Messe traditionnelle. Les échos ont été positifs, et cela montre à quel point ceux qui considèrent le phénomène traditionaliste comme une espèce en vois de disparition manquent de perspicacité, ne serait-ce que parce que proportionnellement, le nombre de vocations sacerdotales est nettement supérieur à celui de nombreux diocèses de l’Eglise.

 
30Giorni, septembre 2005


par Le collectif publié dans : DOCUMENTS
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Mercredi 28 juin 2006

Certains de nos visiteurs nous demandent davantage de précisions sur nos relations avec Monseigneur JORDAN et en particulier depuis 2003.

Nous vous apportons donc bien volontiers ces précisions :

 
 
  1. Nos relations avec Monseigneur JORDAN depuis 2003.
 

Lors d’un entretien en septembre 2003 avec l’un de nos membres, Monseigneur JORDAN lui dit qu’il autoriserait la Messe traditionnelle à Reims si un nombre suffisant de familles lui en faisait la demande.

Remplis d’espoir, nous avons contacté les personnes susceptibles d’agir officiellement et ainsi en moins de 2 mois, plus de 70 familles ont envoyé un courrier respectueux demandant l’application du Motu Proprio Ecclesia Dei à Reims.

C’est donc avec confiance qu’en janvier 2004, nous avons proposé à Monseigneur JORDAN de l’inviter chez l’un de nos membres pour un dîner que nous avons voulu le plus convivial possible. Cette invitation avait pour but de permettre à notre archevêque de découvrir nos motivations et nos familles. Cette rencontre eut lieu le 23 janvier 2004.

Notre déception fut à la hauteur de nos espoirs quand Monseigneur JORDAN nous affirma ne retenir que 3 lettres dignes, selon lui, d’attention. En effet, afin d’aider les personnes à écrire, nous avions établi un modèle de courrier et tous ceux qui s’étaient inspirés de ce modèle n’étaient sensés de pas avoir écrit ! D’autre part, les fidèles des Ardennes (20 min de Reims pour une bonne part) se trouvaient trop éloignés pour être pris en considération.

Tout au long de l’année 2004, nous ne fûmes pas inactifs, considérant que la vie spirituelle doit exister quelques soient les circonstances. C’est ainsi, que des personnes soucieuses de progresser vers Notre Seigneur ont au fil des mois créer un groupe DOMVS CHRISTIANI (groupe de foyers cherchant à se sanctifier dans la vie familiale), un groupe de chapelet hebdomadaire, un chapitre pour le pèlerinage de Chartres à la Pentecôte,…..

 

Tous ces groupes montrent la vitalité des fidèles attachés à la liturgie traditionnelle, mais également la volonté de montrer à notre archevêque notre détermination .

 

Ce n’est qu’en novembre 2004 que nous avons réussi à obtenir un nouveau Rendez-vous avec Monseigneur JORDAN. Hélas, le jour même, celui-ci annulait par téléphone notre entretien et déclarait qu’il refusait définitivement d’accorder aux fidèles de Reims ce que le Pape Jean-Paul II avait pourtant demandé pour tous les catholiques en faisant la demande.

 

Depuis, à de nombreuses reprises des personnes, à titre individuel, ont lors de rencontres (Messes, réunions d'aumonerie, rencontre amicale,...) renouvelé cette demande de mettre fin à l’exclusion dont nous sommes l’objet. A chaque fois, sans nouvel argument (« vous n’allez pas recommencer avec ça ! » a-t’il répondu à l’une de nos amies ), Monseigneur JORDAN a refusé la moindre avancée. De même, il a écrit à une autre personne que seule 2 ou 3 familles de Reims demandaient la Messe traditionnelle. Notre article TEMOIGNAGES est notre réponse.

 

Ce ne sont pas une ou deux Messes exceptionnelles autorisées depuis plus d’un an (mais interdites de toute publicité) qui nous permettent de croire que Monseigneur JORDAN a changé d’avis.

 

Vous comprenez certainement tous mieux maintenant la nécessité dans laquelle nous nous trouvons de faire connaître la situation d’exclusion dont nous sommes l’objet dans notre diocèse et de chercher à montrer que notre demande légitime doit être en toute justice écoutée.


par Le collectif publié dans : Pour la paix liturgique à Reims
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