Le motu proprio n'est pas encore ce jour samedi 24 mars publié. Pourtant, déjà, des réactions de catholiques non attachés (pour certains c'est un euphémisme) apparaissent:
La première provient de l'association PRO LITURGIA , sa conclusion ne manque pas de bon sens et nous vous la proposons ci-après:
Avec le Motu proprio, le latin et le chant grégorien vont réinvestir les célébrations liturgiques d'une façon que les évêques de France n'avaient sûrement jamais prévue. N'est-ce pas une façon polie de leur faire comprendre que, désormais, dans le domaine liturgique, les fidèles se passeront de leurs autorisations pour obtenir ce à quoi ils ont droit: des célébrations dignes par lesquelles le sens du sacré est mis en valeur. Car en fin de compte, qui peut dire que la "désinfection" des liturgies paroissiales actuelles ne se réalisera pas par le biais de l'exemplarité de célébrations autorisées ponctuellement par le Motu proprio? Le Motu proprio n'est donc pas souhaité uniquement par des fidèles "traditionalistes" attachés à l'ancienne forme de la liturgie romaine: il est aussi souhaité par des fidèles qui en ont par-dessus la tête de ne plus savoir où aller, le dimanche, pour trouver une messe échappant aux bricolages des "équipes d'animation pastorale" lesquelles - faut-il le rappeler - n'ont aucune légitimité pour intervenir dans le domaine de la liturgie.
La seconde est à lire sur le site GOLIAS, farouchement opposé à tout ce qui peut ressembler de près ou de loin à la Tradition de l'Eglise. Exceptionnellement, l'analyse de Christian TERRAS mérite d'être lue. En voici un extrait:
Le document sera en effet publié avant la fin du carême : en tout cas, le Pape Benoît y serait résolu. Mgr Malcolm Ranjith, le secrétaire de la Congrégation pour le culte divin a toujours bien spécifié que le document se trouvait à présent entre les mains du Pape lui-même qui choisira le moment le plus opportun. Rome redoute certainement une levée de boucliers, se faisant d’ailleurs peut-être des illusions sur la détermination réelle de ceux qui y sont opposés.
Le « motu proprio » ne consisterait pas en une remise en cause de la réforme de Paul VI mais en une reconnaissance du droit pour tout prêtre de célébrer en privé la messe tridentine. En outre, le texte octroierait à des groupes de fidèles le véritable droit de voir célébrer une messe selon son rite : ce qui contraindrait en quelque sorte les évêques rétifs. On sait qu’il y eut longtemps un bras de fer à Nanterre entre Mgr François Favreau puis Mgr Gérard Daucourt et un groupuscule de traditionalistes peu nombreux mais déterminés qui obtinrent finalement gain de cause. Un vicaire épiscopal spécial leur a même été donné, le Père Yvon Aybram. Actuellement, un tel bras-de-fer se poursuit entre le groupe traditionaliste rémois et Mgr Thierry Jordan, archevêque. Ce dernier a été un temps secrétaire du cardinal Villot à Rome et partage avec son ancien maître spirituel à Rome une aversion viscérale pour le lefebvrisme. Il était en outre chargé par l’épiscopat français de « recycler » sans trop de bienveillance les jeunes ecclésiastiques sortis d’Ecône.
Ce « motu proprio » changerait complètement la donne : il transformerait une concession (ce que l’évêque de Metz, Mgr Pierre Raffin, appelait une « parenthèse miséricordieuse » en un véritable droit). Au plan ecclésiologique, ce « motu proprio » devrait susciter de très vives critiques. En effet, il réduit la responsabilité de l’évêque, garant de la communion authentique pour une Eglise particulière.
Il est assez probable que ce « motu proprio « favorise ainsi le développement des communautés ayant recours désormais à l’indult. En outre, la commission « Ecclesia Dei » verrait ses pouvoirs grandir. Dès lors que dans un diocèse un groupe ne trouve pas de prêtre disposé à célébrer la messe à sa demande, elle pourrait imposer une solution et sans doute envoyer un prêtre de son choix.
VOS AVIS!