Mercredi 7 juin 2006
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On appelle ainsi le rite de la messe romaine élaboré aux premiers siècles de l’ère chrétienne. Pratiquement fixé au VIIIe siècle, il est parvenu jusqu’à nous en ne subissant, au cours des siècles, que de très légères modifications.
Le mot traditionnel vient du latin tradere, signifiant transmettre. Cette notion de tradition, de transmission, implique deux choses : tout d’abord, la permanence d’une identité substantielle du rite au travers des siècles et, d’autre part, une très lente évolution organique, signe de la vitalité de la chose transmise.
C’est exactement la même chose pour un être humain : il demeure lui-même au cours de sa vie, tout en se développant par une lente maturation. Deux écueils sont ainsi évités : un changement trop rapide ou trop catégorique, mettant en péril l’identité substantielle, et un immobilisme absolu qui serait la négation de la vitalité.
C’est ce rite romain antique de la messe, parvenu jusqu’à nous dans sa vivante fidélité, que l’on nomme assez communément messe traditionnelle. Néanmoins il ne s’agit pas d’affirmer qu’elle serait la seule messe traditionnelle et par conséquent que les rites orientaux ou la messe instaurée par le pape Paul VI ne le seraient pas.
Malgré les bouleversements impressionnants de la structure du missel récent, il a pourtant droit lui aussi à l’appellation de traditionnel dans le sens où le Concile écrit : «Quant à la Tradition reçue des Apôtres, elle comprend tout ce qui contribue à conduire saintement la vie du Peuple de Dieu et à en augmenter la foi ; ainsi l’Église perpétue dans sa doctrine, sa vie et son culte, et elle transmet à chaque génération tout ce qu’elle est elle-même, tout ce qu’elle croit (Dei Verbum, N° 8).»
Mais on peut dire que le rite romain antique est dit traditionnel de façon tout à fait privilégiée, et ceci pour les diverses raisons suivantes :
– parce qu’il a été reçu par tradition ;
– parce qu’il est un témoin particulièrement fidèle de la tradition liturgique de l’Église romaine authentifiée par le Magistère à chaque époque ;
– parce qu’il est un témoin privilégié des monuments liturgiques de l’Église romaine, mère de toutes les Églises et spécialement de celles de rite latin (sans dévaluer les autres familles litur giques, spécialement celles d’Orient).
La liturgie traditionnelle est le fruit d’un long développement homogène, continu, ininterrompu depuis des siècles. C’est toujours avec une extrême prudence que les pontifes y ont apporté des modifications car elle est, par-delà les siècles, notre lien avec le Christ et ses apôtres, avec les premiers chrétiens, avec les premiers martyrs. Elle est restée pour l’essentiel identique depuis des siècles, exprimant, aujourd’hui comme hier, la foi du Christ et des apôtres.
Elle oriente les âmes vers Dieu et témoigne de notre adoration envers sa présence réelle :
– par l’orientation du prêtre et de l’autel ;
– par les gestes d’adoration ;
– par le mystère et le silence sacré qui entourent la consécration ;
– par le rite de la communion ;
– par l’usage d’une langue sacrée ;
– par les signes de respect envers l’hostie.
Elle affirme le caractère sacrificiel de la messe :
– par les prières de l’offertoire qui montrent le caractère propitiatoire de l’offrande qui est faite ; c’est Jésus-Christ immolé pour nos fautes, afin que la Rédemption s’accomplisse ;
– par les prières du canon.
Elle est l’œuvre du Christ à travers son ministre. Le prêtre seul peut offrir ce sacrifice :
– par la distinction nette entre l’action prépondérante du prêtre et celle des fidèles ; les vêtements, les prières prononcées, la place à l’autel en témoignent ;
– par les paroles de la consécration qui ne sont pas un récit, mais une action.
L’essentiel de ce qu’est la messe se trouve donc parfaitement affirmé dans cette liturgie.
VOS AVIS!